Mardi 12 juin 2012 2 12 /06 /Juin /2012 19:20

la-douce-copie-1.jpg C'est le 11 juin que la librairie Dialogues recevait l'auteur François Schuiten pour son dernier album sorti, La Douce. Un album à part dans la production de l'artiste puisque c'est le premier qu'il a fait seul. C'est aussi le premier album de bandes dessinées en réalité augmentée. Sa conception a été le fruit du hasard.
A l'issue d'un concours, c'est François Schuiten qui est chargé de conceptualiser le futur musée national des chemins de fer belges. Ce projet rebaptisé Train World sera placé sur le site de la gare de Schaerbeek-voyageurs (ouverture prévue en 2014). La SNCB (Société Nationale des Chemins de Fer Belges) a plusieurs dépôts sur le territoire. Dépôts qui sont rarement accessibles au public. C'est dans l'un d'eux que François Schuiten rencontre celle qui sera la douce.

Cette locomotive est une type 12. Son carénage est conçu par le français André Huet. L'avant de ces nouvelles locomotives sont comme un bouclier fendu. Il permet ainsi de fendre le vent, d'avoir de meilleures performances et une économie de charbon. Les ouvertures dans les jupes latérales permettent d'accéder aux roues et facilitent l'entretien. Le français rencontre l'ingénieur belge Raoul Notesse. Celui-ci, passionné par son travail est persuadé que la vapeur a encore de l'avenir (nous sommes dans les années 1930). Il y aura 6 exemplaires de type 12. L'une de ses machines remporte le ruban bleu en mai 1939, symbole de la plus grande vitesse effectuée sur des parcours réguliers du service commercial. Malheureusement c'est la seconde guerre mondiale qui approche. D'abord amenées en France, les locomotives sont rapatriées quand celle-ci est occupée. L'une d'elle va se faire remarquer : En septembre 1944, la 12.002 sauve plus d'un millier de prisonniers politiques. Les déportés devaient aller en Allemagne, le mécanicien et le chauffeur décident de faire rouler ce train dans les environs de Bruxelles. Après la guerre, les locomotives disparaissent peu à peu. Dans les années 60, alors que l'un des derniers exemplaires part au centre de démolition, des cheminots, contre l'avis des supérieurs, détache la machine et la cachent. Elle ne reparaîtra qu'en 1985, pour être restaurée et assurer quelques trains spéciaux.
Les locomotives de type 12 sont des machines complexes. S'il fallait à l'époque deux personnes pour la faire fonctionner, ils étaient occupés. Faire chauffer la machine, organiser le feu, gérer la pression. Ils travaillent dessus avant et après le trajet effectué.

Fort de ses renseignements, François Schuiten décide de faire un album qui soit un hymne d'amour au monde ferroviaire. Un récit de mécanicien, mais aussi de deux moyens de transport. Cette histoire vers le travail industriel, celui des ingénieurs, de techniques disparues. Si ses illustrations sont en couleurs, il opte pour le noir et blanc. Cette technique incite à la discipline. Une technique qu'il utilise habituellement et qui lui a été influencé par la gravure. Sur cet album, il a particulièrement travaillé sur les contrastes, sur la lumière. Il a utilisé aussi une autre qualité de papier, permettant d'avoir une qualité d'impression optimale. Pour les personnages, François Schuiten a fait passer un casting.

La réalité augmentée, il la doit à Dassault Systemes. Alors qu'ils travaillaient ensemble sur un autre projet, François Schuiten voit les possibilités des nouvelles technologies. Il demande si Dassault serait d'accord pour modéliser la locomotive. La réponse est non seulement positive, voire enthousiaste. Un appel d'offre  bénévole est lancé dans l'entreprise. Dans la même journée, 10 réponses arrivent pour travailler sur la 3D de la type 12. Si c'est la première bande dessinée en 3D, l'auteur se refusait à voir un gadget. Il écrit alors un scénario pour que le lecteur devienne le conducteur, prolongeant ainsi l'expérience. Cette expérience, il aimerait la refaire pour traiter La fièvre d'Urbicande.

Le livre et la réalité augmentée ne sont qu'une partie du travail effectué par François Schuiten. Amoureux de cette machine, il veut en explorer les potentialités. La 12 004 sera au coeur du musée, entre la première machine diesel et la première machine électrique. S'il est question du passé, le musée parlera aussi de l'avenir du train. Il ne ressemblera pas aux autres musées. Ce sera une place forte, avec des écrans, du cinéma. Tout sera mis en scène pour que le visiteur ressente quelque chose.

A côté, il travaille avec Marie-Françoise Plissart. Elle puise dans ses archives photographiques, des endroits stratégiques. François Schuiten y place alors la représentation de la 12. Les photos de grandes dimensions (jusqu'à plus de deux mètres).

Merci à François Schuiten, Casterman et la librairie Dialogues pour cette rencontre, Nicolas C pour ses questions, Ronan L pour ses interventions techniques.

Par Hervé - Publié dans : Bande dessinée - Communauté : autour de la BD
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