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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 14:29

happy-delcourt-morrisonEn cette période de Noël, la ville de New-York est en effervescence. L'un des parrains de la pègre a été tué, la mafia et la police sont sur les dents. Un tueur d'enfants grimé en Père Noël erre en ville. Il semblerait que le point de convergence de ses affaires soit Nick Sax, un ancien policier qui a préféré les drogues au badge. Pour s'en sortir, il doit faire confiance à Happy, une licorne bleue.

Dans le petit monde de la bande dessinée, les noms de Grant Morrison et Darick Robertson ne sont pas inconnus. L'un est un scénariste écossais dont les idées ont révolutionné le monde du comic-book. Joe the Barbarian, Flex Mentallo ou We3 sont une infime partie de l'imaginaire de cet auteur. Quant au dessinateur Darick Robertson, on lui doit, entre autre, les séries The Boys et Transmetropolitan. Tous les deux ancrent leurs oeuvres dans un monde tangible, réel. Il en est de même dans le New York de Happy. Nous sommes dans le monde de la pègre où tout n'est que corruption, violence, sexe. Même le plus saint des hommes (un prêtre) est dévoyé. La colorisation est terne, le sang gicle souvent, les propos sont orduriers... Bref, une bande dessinée qu'il ne faut pas mettre entre toutes les mains. Pour se distinguer de cette "énième" histoire policière, Grant Morrison intègre Happy, une licorne bleue, amie imaginaire d'un personnage nommé Haley. C'est là que tout bascule. Dans un monde réaliste où chaque pas vous rapproche de la dépression nerveuse, apparaît une licorne. Si l'apparition est déja surréaliste, sa personnalisation par Darick Robertson est mémorable. A mi-chemin de l'âne et de Mon Petit Poney, ne proférant aucune injure, toujours de bonne humeur, cette créature est à l'opposé de l'univers dans lequel se déroule le récit. Et pour cause, elle est l'amie d'une enfant et seul Nick peut la voir et l'entendre. Poussant leur logique jusqu'au bout, les auteurs vont mettre à mal ce personnage issu de l'imagination.

Happy se situe à la croisée des genres. L'humour noir, le cynisme, la violence penche vers le polar, alors que toutes les apparitions de Happy font penser à la littérature jeunesse (on n'est pas loin d'une version déjantée de la conscience de Pinocchio). Le mariage apparemment impossible des deux genres fonctionne à merveille sous la plume de Grant Morrison. Quand on pose le livre, le lecteur pourra se poser la question : Happy est-il un personnage issu de l'imagination ou une création du cerveau malade de Nick Sax ?

HAPPY
AUTEUR : GRANT MORRISON
DESSINATEUR : DARICK ROBERTSON
COLLECTION : CONTREBANDE
EDITION : DELCOURT

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Published by Hervé - dans comic-book
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