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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 13:32

je-m-appelle-budo.jpgBudo vit dans notre monde, mais comme des milliers d'autres comme lui, seules certaines personnes peuvent le voir. Budo est un ami imaginaire. Créé par Max, un enfant qui a quelques problèmes, Budo mène sa vie. Il y a deux règles à cette vie : tant que Max croit en lui, Budo existera. Il ne peut interagir avec notre monde.

Par la plume de Matthew Dicks, on apprend comment vit un ami imaginaire. "Imaginaire" pour les adultes, car ses créatures, nées de l'imagination des enfants peuvent converser entre elles. Selon la créativité de l'enfant, un ami imaginaire peut ressembler à beaucoup de choses : une tâche, une tête de ptérodactyle, un être humain auquel il manque un membre, voire être en couleur (en jaune, la plupart du temps)... Plus l'enfant pensera  aux capacités de son ami, plus celui-ci sera capable d'agir dans ce monde.
Le narrateur, Budo, raconte sa vie. Doté d'une certaine intelligence, il ne voit pas le monde comme nous. Il s'exprime comme un enfant. Mais alors que Max, son créateur, a des problèmes de sociabilité, Budo est "normal", voire plus intelligent et prolixe que la plupart de ses congénères.
Ce qui fait tout le sel de ce roman, c'est la vision de notre monde par Budo :"Un adulte n'a pas besoin d'être vraiment malade pour dire qu'il l'est, mais si un enfant ne veut pas aller à l'école, en revanche, il faut qu'il soit vraiment malade"... Une réflexion parmi tant d'autres.
On croise l'idée de la mort, car les enfants grandissent, cessent de croire en l'ami qu'ils ont créés. Il n'y a pas de souffrance dans ce processus. Raconté avec beaucoup de sensibilité, c'est un moment des plus émouvants.
S'il raconte son quotidien, Budo va se focaliser sur un évènement marquant : l'enlèvement de Max. L'auteur a bien pensé les réflexions de Budo. Ce qu'il était pour Max, ce qu'il lui devait aussi. Avec les deux règles qui entourent sa vie, Budo va devoir gérer Max (lui montrer qu'il a besoin de lui), trouver un moyen de le sauver et de se sauver aussi.
C'est le petit point noir du livre. Comme Budo ne peut agir sur notre monde, il  n'y a pas 36 solutions pour sauver Max, sachant que le livre se passe dans un monde réel... L'auteur prend un "raccourci scénaristique" qui pourrait déplaire à certains lecteurs.
A part cette "faute", tout le livre est touchant de naïveté, de tendresse. On retrouve une part de notre enfance.

Après les 400 pages de ce roman, on voudrait dire "Merci" à notre ami imaginaire. Il nous a aidés à grandir dans ce monde d'adulte. Une jolie réflexion sur le monde de l'enfance.

JE M'APPELLE BUDO
AUTEUR : MATTHEW DICKS
EDITIONS : FLAMMARION

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Published by Hervé - dans Fantastique
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