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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 15:13

spider-man.jpg

Peter Parker, jeune étudiant scientifique est mordu par une araignée radioactive. Il acquiert des super-pouvoirs. Ceux-ci vont lui permettre de combattre le crime. Au même moment, New-York est la proie de plusieurs cambriolages. Les auteurs de ces crimes sont tous des citoyens respectables...

Lorsque Spider-Man est créé par Stan Lee et Steve Ditko en 1962, savaient-ils que le personnage serait si populaire ? Peter Parker, orphelin élevé par sa tante et son oncle. C'est un élève doué en sciences, mais martyrise par ses camarades. Au cours d'une expérience, il obtient les capacités d'une araignée (force-capacité à s'accrocher aux surfaces-6ème-sens-agilité). Son oncle Ben meurt, tué par un voleur que Peter n'avait pas voulu arrêter. Bourré de scrupules, il devient un justicier, tout en essayant de vivre une vie normale. Si les lecteurs se sentent proches de Spider-Man, c'est parce que son alter-ego Peter Parker a les problèmes de tous les adolescents, puis des adultes.

 

 


Si un pilote de série télévisée est produit en 1977, c'est parce que c'est la mode. La télévision prend de plus en plus d'importance dans les foyers américains et d'autres adaptations sont produites sur CBS (L'Incroyable Hulk, Wonder-Woman, Docteur Strange).
Le niveau du scénario reste tout à fait correct, même pour l'époque. On oublie la tragédie familiale, Peter Parker est plus âgé que dans la version originale, mais ce qui blesse c'est l'absence de super-vilain. A la place, un « gourou » qui manipule le cerveau grâce aux micro-ondes. Par-contre le côté visuel est de piètre qualité. Produits sur la même chaîne, l'Incroyable Hulk et Wonder Woman (saison 2 et 3) avaient plus de moyens. Il s'est avéré que la CBS ne voulait pas être la chaîne des super-héros, d'où des coûts moindres.
Nicholas Hammond qui interprète le double rôle de Spider-Man/Peter Parker s'en sort bien dans le rôle d'un jeune homme qui étudie tout essayant de gagner sa vie. Quand il revêt le costume de l'homme-araignée, c'est autre chose. Son costume plisse par endroits, les yeux du masque ont un effet réfléchissant et le comédien ne semble pas très à l'aise dans cet ensemble bleu et rouge. Sa démarche ressemble à celle d'un aveugle (ses bras sont constamment tendus vers l'avant), il doit avoir trois lignes de textes (exit le côté monologue humoristique du comic-book).
Les effets spéciaux n'arrangent rien. La brave araignée qui subit la radioactivité est entourée d'un halo lumineux-clignotant en post-production (Roger Corman utilisera le même procédé pour les 4 fantastiques). Si l'idée d'utiliser une grue pour élever Spider-Man en haut d'un immeuble est une bonne idée. Le cascadeur qui s'occupe de cette prise de vue fait une chorégraphie qui ressemble à une natation. L'effet voulu est totalement anéanti. Quant aux scènes qui font croire que c'est le spectateur qui grimpe, il faudrait dire au technicien son de couper le micro. Entendre un « pof » pendant qu'un gant  rouge s'affiche à l'écran fait penser à un éléphant dans un magasin de porcelaine. Les lecteurs de Spider-Man savent que le super-héros s'est fabriqué un lance-toiles de son invention pour engluer-se protéger-se balader (liste non-exhaustive). Discret et pratique, cette invention va lui sauver la vie à plusieurs reprises. Dans l'adaptation, le lance-toiles prend toute la place de la paume de mains. Quant aux toiles, on n'en verra que deux sortes :
la première s'enroule autour d'un point d'appui et Peter/Spider-Man joue à la balançoire, tandis que la seconde ressemble à un filet de pêche qui tombe petit à petit sur les cibles. Ici, les ennemis de Spider-Man ne doivent pas bouger pendant quelques secondes s'ils veulent être emprisonnés.
Ce qui va faire la renommée de cet objet filmique c'est le matte painting. C'est un procédé cinématographique qui consiste à peindre un décor en y laissant des espaces vides, dans lesquels une ou plusieurs scènes filmées sont incorporées. Ici, il est question de Peter grimpant sur les murs, essayant ses nouveaux pouvoirs dans la maison familiale. Outre le fait qu'il est tout à fait normal de voir un homme escalader les murs extérieurs d'une maison en plein jour, on voit le comédien évoluer à quatre pattes, mais au mieux, il se déplace avec les mains et les genoux, au pire les mains et les pieds. Si les effets « fonctionnent » quand il s'agit de gravir les murs, il devient ridicule quand cette montée est effectuée sur le toit-le poteau-la tour.
Comme je l'écris au début de ce texte, le scénario n'est pas honteux, ce sont les petits détails qui sont croustillants.
-Peter est poursuivi par une voiture qui roule au pas. Pour  lui échapper, il tourne dans une rue plus étroite.
-Peter est manipulé par le méchant de l'histoire. Au moment fatidique, l'objet qui le contrôle s'accroche à une pointe et tombe (un deus ex-machina?)
-Spider-Man est blessé, mais il doit rentrer. Il essaie, sans succès, de prendre un taxi
-Spider-Man est censé avoir une force surhumaine. Il assomme les méchants d'un coup de poing, mais il n'arrive pas à enfoncer une simple porte.
-Les hommes de main du méchant sont des asiatiques pratiquant le kendo (pourquoi?). Ils arriveront à surprendre notre héros malgré son 6ème sens.

Cet épisode pilote diffusé aux Etats-Unis en 1977 remporta assez de succès pour qu'une série (13 épisodes) puisse voir le jour. En France, ce fut différent. Si la série est inédite dans le paf, ce pilote a été diffusé sous forme de film en 1978. Plébiscité par les magazines, il rencontra un certain succès (770.OOO spectateurs). Deux ans plus tard, une suite « La riposte de l'homme-araignée » fut diffusée. Malheureusement, un certain « Superman » de Richard Donner était passé par là.
Véritable objet filmique d'une autre époque, ce Spider-Man se regarde. Le spectateur va rire de la mode (cheveux-pantalons-cravates), des comédiens qui sur-jouent, des effets très spéciaux ou du scénario. Ne pas oublier que ce concept fut la première tentative d'adapter sur  écran les aventures du tisseur. Il faudra attendre 2002 et la fin des imbroglio juridiques pour que Spider-Man soit adapté  par Sam Raimi.

Une autre chronique a été écrite sur le site Nanarland. Attention, risque de rire !

L'HOMME-ARAIGNEE
REALISATEUR : E.W. SWACKHAMER
ADAPTATION D'APRES LES COMICS-BOOKS MARVEL

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Published by Hervé - dans Films
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