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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 16:35

la-chute-de-la-maison-usherAppelé par Roderick Usher, un homme se rend dans la maison de celui-ci. Il y découvre un couple bizarre. Lady Madeline, semble perdre des forces petit à petit, pendant que son mari, Roderick Usher, peint avec acharnement un bien étrange tableau, portrait de Lady Madeline...


Sorti en 1928, La chute de la maison Usher est un film d'avant-garde. Noir et blanc, totalement muet (sans musique d'accompagnement), la seule présence des acteurs, des décors donnent une étrange ambiance. Quant au titre, il est trompeur puisqu'il s'inspire de deux nouvelles d'Edgar Poe : La chute de la maison Usher et Le portrait Ovale.
Epstein réussit très bien à mêler les deux intrigues en mélangeant les personnages principaux : Roderick Usher/le peintre, Madelyne Usher/le modèle, la maison.
La maison est au milieu de nulle-part. Bois, étang et marécages l'entourent. Elle est immense : grands escaliers, larges pièces où il n'y a que quelques meubles. Malgré cette bâtisse, la famille Usher ne semble pas vivre aisément. Les livres s'amoncellent, il n'y a pas de domestique, la demeure est la proie des courants d'airs. Tout ce décorum amène une image gothique au film.
Si les acteurs sont peu nombreux, il faut saluer le jeu de Jean Debucourt en Roderick Usher. Halluciné, changeant de comportement en quelques secondes, sa folie ne fait aucun doute.
Le palmarès revient à Jean Epstein et son assistant, Luis Bunuel. Bien avant les films tournés caméra en main, avec l'aide de l'ordinateur, ils réussissent à établir des prouesses de technique. Que l'on parle de prise de vue (zoom, contre-plongée), d'effets spéciaux (transparence, ralenti), tout est mis en oeuvre pour que le spectateur se sente mal à l'aise. C'est surtout le dernier effet qui est utilisé. Le temps à l'intérieur et à l'extérieur ne se déroule pas de la même façon. Les livres tombent au ralenti etc.
La cause de tout ceci est le portrait de Lady Madeline. Chaque coup de pinceau semble enlever un peu de vie à la maîtresse de maison. Quand il est fini, le portrait est plus vivant que son modèle !

Proposé dans le cadre du cycle Le Cinéma Fantastique proposé par la Cinémathèque de Bretagne (projections au Mac Orlan), ce film est lié aussi au soixantenaire de la disparition de Jean Epstein. Pour comprendre toute la complexité du réalisateur et l'importance de l'oeuvre, Eric Thouvenel était présent. Si le film lui-même est fabuleux, l'explication permettait de souligner de nombreux points. Les 63 minutes se sont déroulées dans un silence, hypnotisé par le film et la prouesse de Jean Epstein.

LA CHUTE DE LA MAISON USHER
REALISATION : JEAN EPSTEIN
D'APRES LES NOUVELLES D'EDGAR POE (LA CHUTE DE LA MAISON USHER, LE PORTRAIT OVALE)

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Published by Hervé - dans Films
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