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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 09:22

yayaC'est Mercredi 23 janvier que Golo Zhao et Gwendal Lemercier ont pu participer à une rencontre qui voulait montrer les passerelles entre la bande dessinée chinoise et celle franco-belge.

En France, les thèmes vont des séries comme les Schtroumpfs aux romans graphiques,  il y a des lecteurs de tout âge, avec des thèmes variés. Depuis plusieurs années, un brassage se fait avec la lecture des comics-books et des mangas. L'auteur « franco-belge » se nourri de plusieurs cultures. A contrario, le public chinois est restreint. Il y a peu d'adultes à lire de la bande dessinée. Le lectorat se résume aux enfants et aux adolescents. La plupart de la production vient des mangas japonais, mais la production locale se différencie par son format à l'italienne et son contenu tout en couleur (à l'opposé du noir et blanc des mangas).

Si en Europe, les racines de la bande dessinée remontent au XIXème siècle, l'histoire de la bande dessinée chinoise est plus récente. Après un début dans les années 30, sous influence des bandes dessinées japonaises et européennes, qui s'arrêtera à la seconde guerre mondiale, elle ne reprend que dans les années 70-90, dont certaines avec un graphisme particulier (une image par page, le texte en-dessous). A partir de 2005, la bande dessinée chinoise adopte le style japonais.

Si Tintin ou Boule et Bill sont connus (mais diffusés en format souple), la plupart du catalogue franco-belge est inconnu. Deux facteurs à cela :

-Le format des européens est luxueux (ce sont des beaux objets)

-Il y a peu de demande du public

 

Par contre, la bande dessinée chinoise n'est pas onéreuse, puisqu'elle coûte 1€ environ.

 

Quand il travaille sur Yaya, le scénariste écrit son texte, l'éditeur le traduit, Golo travaille ses planches d'abord en croquis, avant de les scanner puis de les mettre en couleur à l'ordinateur. Chaque case imprimée représente une page dessinée. Il n'y a pas de studio en Chine, mais il arrive à Golo de travailler en atelier avec des amis. A contrario, Gwendal travaille sur du format A2. Une page représente une planche. Quant à la couleur, il les travaille à l'ancienne quand ce n'est pas un studio qui la traite.

Si, en 2013, une minorité d'auteurs franco-belge peuvent vivre de leur art (vente à la baisse, baisse des prix de pages), il en est de même en Chine. L'auteur est payé à la page et reçoit entre 8 et 9% du prix de vente. Même s'il est difficile de se faire une moyenne sur le tirage, Golo estime qu'il tourne autour de 8000 exemplaires. Comme il n'y a pas de librairie spécialisée, il est difficile de canaliser le marché. Il n'y a pas d'éditeur spécialisé, encore moins de demandes, donc aucune prise de risque.

Du côté de la bande dessinée franco-belge, si certaines éditions permettent encore de signer des contrats, de négocier les prix des planches, d'autres ont mis un plafond. Les éditeurs veulent tous "Le" titre qui fonctionne tout de suite, lancé à telle période. Il n'est plus question d'expérimentation, mais d'industrie. Les éditions étrangères commencent à rechercher les bandes dessinées franco-belges. Mais là aussi, les éditeurs se ruent sur les licences et surenchérissent les séries (comme il y a quelques années avec le manga).

En Chine, malgré un marché de la bande dessinée dominé par l'enfance, plusieurs festivals existent. Ils ne traitent que de bande dessinée chinoise, japonaise ou coréenne. A contrario, les festivals consacrés aux mangas, à la culture asiatique, à la bande dessinée sont légions de ce côté de l'Europe.

 

Une rencontre très intéressante entre l'orient et l'occident. Merci à la librairie Excalibulle, aux éditions Fei, à la médiathèque Neptune, à Gwendal Lemercier, à Golo Zhao. Un merci tout particulier à la traductrice qui à jongler avec les deux langues pendant toute l'après-midi.

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Published by Hervé - dans Evènements
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