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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 08:02

ultra-chomeur.jpgSous l'uniforme d'Ultimatum, le millionnaire Bruce Payne défend le penser positif. Pour lui, "La pauvreté est le symptôme d'une mauvaise hygiène mentale". Bien vite, il se rend compte qu'il s'est trompé, mais mis en minorité dans sa propre société, il est viré. Après avoir erré, il trouve refuge dans un bidonville, avec d'autres super-héros, victimes de la finance américaine...

Qu'est-ce que le vrai visage de l'économie américaine ? Voilà, en résumé le pitch de ce livre. Sauf que les deux auteurs ont "masqués" çà comme un comic-book de super-héros. Personnages costumés, cadrage et positionnement dynamiques, narration digne des séries (avec multiples rebondissements), tout sera simplifié pour que le lecteur lambda puisse comprendre. En plus de ce niveau pédagogique de lecture, Les Aventures d'Ultra-Chômeur reste un excellent divertissement super-héroïque où les héros sont naïfs, les méchants crédibles. On reconnaîtra plusieurs personnages des maisons d'éditions américaines, des références sont cachées dans le texte et pour celles qui sont moins accessibles, un lexique met tout lumière. Pour ménager des "pauses", des encarts publicitaires sont mis entre chaque chapitre. Les "réclames" vantent les produits de l'Amérique économique (comme c'est bizarre), un vrai "comics" super-économique où il fait bon réfléchir.
S'il y avait un mauvais point à distribuer, c'est au niveau de la traduction. Bien que correctement faite, quelques coquilles de langage se sont glissées dans le livre.
C'est la maison d'édition Presque Lune, nouvellement installée à Rennes, qui décide de distribuer cet ouvrage. Naviguant entre la littérature jeunesse, la science-fiction, et la bande dessinée, mais pas que... Ils croient en leurs livres, comme Les Aventures d'Ultra-Chômeur. Rencontré au festival Rue des Livres, l'équipe m'a paru sympathique et ils vendaient bien les livres. Deux critères de choix pour chroniquer leurs ouvrages.

LES AVENTURES D'ULTRA-CHÔMEUR
AUTEUR : ERIC ORIGEN
DESSINATEUR : GAN GOLAN
EDITIONS : PRESQUE LUNE

Un autre avis sur Les Chroniques de l'Invisible

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 14:29

happy-delcourt-morrisonEn cette période de Noël, la ville de New-York est en effervescence. L'un des parrains de la pègre a été tué, la mafia et la police sont sur les dents. Un tueur d'enfants grimé en Père Noël erre en ville. Il semblerait que le point de convergence de ses affaires soit Nick Sax, un ancien policier qui a préféré les drogues au badge. Pour s'en sortir, il doit faire confiance à Happy, une licorne bleue.

Dans le petit monde de la bande dessinée, les noms de Grant Morrison et Darick Robertson ne sont pas inconnus. L'un est un scénariste écossais dont les idées ont révolutionné le monde du comic-book. Joe the Barbarian, Flex Mentallo ou We3 sont une infime partie de l'imaginaire de cet auteur. Quant au dessinateur Darick Robertson, on lui doit, entre autre, les séries The Boys et Transmetropolitan. Tous les deux ancrent leurs oeuvres dans un monde tangible, réel. Il en est de même dans le New York de Happy. Nous sommes dans le monde de la pègre où tout n'est que corruption, violence, sexe. Même le plus saint des hommes (un prêtre) est dévoyé. La colorisation est terne, le sang gicle souvent, les propos sont orduriers... Bref, une bande dessinée qu'il ne faut pas mettre entre toutes les mains. Pour se distinguer de cette "énième" histoire policière, Grant Morrison intègre Happy, une licorne bleue, amie imaginaire d'un personnage nommé Haley. C'est là que tout bascule. Dans un monde réaliste où chaque pas vous rapproche de la dépression nerveuse, apparaît une licorne. Si l'apparition est déja surréaliste, sa personnalisation par Darick Robertson est mémorable. A mi-chemin de l'âne et de Mon Petit Poney, ne proférant aucune injure, toujours de bonne humeur, cette créature est à l'opposé de l'univers dans lequel se déroule le récit. Et pour cause, elle est l'amie d'une enfant et seul Nick peut la voir et l'entendre. Poussant leur logique jusqu'au bout, les auteurs vont mettre à mal ce personnage issu de l'imagination.

Happy se situe à la croisée des genres. L'humour noir, le cynisme, la violence penche vers le polar, alors que toutes les apparitions de Happy font penser à la littérature jeunesse (on n'est pas loin d'une version déjantée de la conscience de Pinocchio). Le mariage apparemment impossible des deux genres fonctionne à merveille sous la plume de Grant Morrison. Quand on pose le livre, le lecteur pourra se poser la question : Happy est-il un personnage issu de l'imagination ou une création du cerveau malade de Nick Sax ?

HAPPY
AUTEUR : GRANT MORRISON
DESSINATEUR : DARICK ROBERTSON
COLLECTION : CONTREBANDE
EDITION : DELCOURT

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 13:30

hawkeye2-aja-fraction.jpgHawkeye/Clint Barton arrive toujours à se mettre dans le pétrin. Incapable de gérer convenablement sa vie privée, il la met constamment en danger en tant que super-héros. Heureusement, il peut compter sur ses ex-futures amies, ses voisins et son chien chanceux pour lui sauver la mise.

L'intrigue pourrait se résumer à :" Que fait un super-héros quand il ne sauve pas le monde ?". La réponse pourrait être des plus banales quand on voit la vie de Peter Parker/Spider-Man. Pour Matt Fraction, la vie d'Hawkeye est palpitante. S'il a le coeur sur la main (il rachète un immeuble pour sauver les voisins de l'expulsion), il ne peut résister à une femme (l'épisode intitulé "Les Filles" le montrent avec 4 femmes), même si elle le mêle à la mafia. Sauf que l'auteur a eu la bonne idée de s'intéresser à l'entourage du personnage principal. Entre un épisode sur les femmes de sa vie, celui où le chien devient le héros et la capacité à gérer du New-Jersey, c'est tout l'univers du héros qui se construit. Ca pourrait être enneuyeux, c'est en fait passionnant.
Graphiquement, le côté épuré de David Aja fonctionne à la perfection. Si la plupart des auteurs ne s'éloignent pas du parti pris graphique, Jesse Hamm et Steve Lieber donnent un côté parodique qui n'est pas pour déplaire. Comme pour le premier tome, l'ambiance oscille entre les années 70 (couleurs tamisées/crues). Chaque personnage à son propre code couleur et celui-ci est mis en avant dans chaque case. Une manière de marier l'ensemble de la plus naturelle des façons.

Tour à tour tragique, comique ou conceptuel, ce deuxième tome augmente d'un cran la qualité de la mini-série. Une gageure qui nous fait attendre la suite et classe cette série dans les classiques.

Chronique du tome 1

HAWKEYE
T2 : PETITES COUPS
AUTEUR : MATT FRACTION
DESSINATEURS : COLLECTIF
EDITIONS : PANINI

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 15:13

hawkeye-t1-ma-vie-est-une-arme.jpgClint Barton est le super-héros Hawkeye. Membre fondateur des Vengeurs, son absence de pouvoirs est compensée par sa capacité à manier les armes (surtout l'arc). Quand il ne sauve pas la planète, il arrive toujours à s'embarquer dans des aventures rocambolesques. Que ce soit pour sauver un chien, pour acheter une voiture, aller au cirque ou récupérer une cassette vidéo, Hawkeye arrive toujours à se mettre dans le pétrin...

Ce premier tome de la nouvelle série Hawkeye est une petite perle. Ce n'est pas un hasard si David Aja a été récompensé par deux Eisner Awards 2013 : Meilleur dessinateur et meilleur artiste de couverture.
A contrario de nombres de ses collègues, Clint Barton/Hawkeye n'a pas de super-pouvoirs. Il ne peut compter que sur ses flèches et les gadgets qui vont avec. Ce n'est pas avec ça qu'on fait une histoire (quoique). Matt Fraction a donc pris le personnage à contre-pied. Que se passerait-il si notre héros vivait comme (presque) tout le monde ? Rajoutez un coeur en or, un mauvais caractère, quelques pointes de sentiments et vous obtenez un scénario pimenté. A travers les quatre histoires de ce premier volume, on entre dans une ambiance polar des années 70.  New-York n'est pas une belle ville, on risque de se faire racketter. Aux citoyens de se débrouiller pour que la paix règne. L'auteur évoque tour à tour les récits de vigilantisme, d'espionnage, d'action sans oublier l'humour. Le tout est souligné par des références de films.
Si le personnage de Clint Barton se suffit à lui-même, la touche féminine est assurée par Kate Bishop. Le tandem fonctionne très bien avec le thème "je t'aime/moi non plus".
Côté dessin, David Aja nous sert un graphisme épuré où l'encrage prend une part importante. Le résultat est plus proche du franco-belge que du dynamisme des comics. Quant aux épisodes de Javier Pulido, les expressions des visages sont superbes. Maîtrisant les codes des comics et ceux de la bande dessinée, le mélange est détonnant !

Avec Hawkeye, les auteurs ramènent les héros sur terre, malmènent son identité, mais toujours dans la bonne humeur. Une autre façon d'appréhender les comics et d'entrer dans l'univers Marvel !

Chronique du tome 2

HAWKEYE T1 : MA VIE EST UNE ARME
AUTEUR : MATT FRACTION
DESSINATEUR : DAVID AJA/JAVIER PULIDO
COLLECTION : 100% MARVEL
EDITION : PANINI

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 23:49

iron-man-doctor-doom.jpgSuite à une mésentente économique (Stark International ne veut pas livrer de composants à Fatalis), Iron Man affronte le tyran de Lavtérie. Mais les deux titans devront s'allier face aux évènements !

Dans une revue Marvel, une bagarre entre deux personnages puissants n'a rien d'extraordinaire ! Sauf qu'ici, il n'est pas question que de bagarre ! Il y a un autre aspect en jeu qui est temporel. D'un côté, les protagonistes vont se retrouver à Camelot, de l'autre à Londres. Si les deux épisodes se lisent bout à bout, ils ont été fait à dix ans d'intervalle !
Exil temporel, magie, technologie, légende et complots sont les thèmes abordés dans cette 10ème revue.
Si le caractère de Fatalis ne change pas (orgueilleux, tyrannique, il y à lui.. Le reste ne sont que des laquais), s'il reste opposé à faire équipe de prime abord, c'est plutôt le but de ses plans qui sont intéressants. Il est question de l'âme de sa mère retenue en enfer, de la domination totale du monde, mais à quel prix ? S'il reste un personnage machiavélique, il y a cette étincelle d'humanité qui le rend "touchant".
Tony Stark/Iron Man change complètement entre les deux épisodes. Sûr de lui, conquérant comme doit l'être un héros américain (play-boy, milliardaire de surcroît) dans la première partie, il est diminué (suite à un accident), il doute de lui dans la deuxième partie.
Qui dit voyage dans le temps, dit paradoxe temporel, sauf que les auteurs ont évité cette thématique. Ils ont préféré jouer avec autre chose : les personnages se retrouvent dans la même situation d'un épisode à l'autre et le dialogue est le même, les ennemis d'hier qui deviennent les amis de demain et surtout, dans la grande tradition de la maison des idées (Marvel Comics), ces bribes de scénarios glissés ici et là, qui pourront servir dans une future histoire !
Quant aux lieux  et personnages rencontrés, il est question des chevaliers de la table ronde. On est loin de la véracité historique, mais l'idée était magnifique (la rencontre de la magie et de la technologie). Rajoutez à ça, les chevaliers d'Arthur qui combattent des squelettes, menés par Fatalis et vous aurez un lectorat conquis.
Parus en 1981 (pour la première histoire) et 1989 (pour la deuxième), les récits sont là pour l'action et les rebondissements. Malgré tout, le scénario tient la route, les dialogues sont bons. Reste à savoir si le studio Makma (responsable de l'actuelle traduction) a respecté l'ancien matériel. Le langage évolue, les censures ne sont plus les mêmes... Le dessin reste classique, ainsi que le cadrage. N'en déplaise à certains, on dirait presque du franco-belge.

Comme le souligne Christian Grasse dans son édito, ces deux épisodes sont intemporels. Une décennie entre les deux parutions (une génération jusqu'à nous) et malgré çà, ils n'ont pas pris une ride. Non, les histoires de sup'héros, ce n'est pas que des combats. On mélange les genres pour la plus grande joie des lecteurs.

MARVEL CLASSIC 10 : IRON MAN VS DOCTOR DOOM
AUTEUR : DAVID MICHELINIE
DESSINATEURS : JOHN ROMITA JR-BOB LAYTON
COLLECTION : MARVEL CLASSIC
EDITIONS : PANINI

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 18:16

Shanna.jpgDe nos jours un avion s'écrase sur une île. A son bord, un commando. Malgré leurs aptitudes, ce qu'ils voient dépasse l'imagination : dinosaures, base militaire secrète et peut-être un espoir... Shanna !

Shanna (Shanna the She-Devil en version originale) fait partie des héroïnes des éditions Marvel. Pour la petite histoire, Frank Cho n'a pas son pareil pour dessiner des femmes. L'un des responsables de Marvel a vu son travail sur Liberty Meadows et lui a demandé de faire une mini-série avec Shanna. L'auteur a accepté mais est allé plus loin que çà. S'il dessine des femmes aux formes avantageuses, les histoires qu'il écrit ne sont pas là pour "montrer de la chair fraîche". Ici, il a réinventer les origines de l'héroïne.
Dans celle-ci, le médecin est le narrateur. C'est aussi celui qui s'occupe du "cas" Shanna. S'il est impressionné par ses capacités (Shanna est le produit d'expériences génétiques), il se pose des questions sur la mentalité de son élève. L'auteur n'hésite pas à plonger le maître et l'élève dans une odyssée où la vie est le cadeau ultime. Un cadeau qu'il faut être prêt à payer chèrement.
Quant à Shanna, elle s'adapte aux situations. Comme écrit précédemment, ce n'est pas un personnage posé là pour faire joli. Elle a un rôle de femme forte, n'hésitant pas à tuer, si nécessaire.
Si l'idée de Frank Cho n'est pas originale, elle est efficace. Les protagonistes doivent lutter contre les animaux les plus vieux du monde : des dinosaures. Si l'île en est infestée, deux races sont prédominantes dans ces pages : le vélociraptor et le tyrannosaure. Ils essaieront par tous les moyens d'avoir les humains comme nourriture. Griffes et crocs contre machette et fusils, à votre avis qui est le gagnant ?
Pour cette histoire, il fallait un talentueux dessinateur. Si Shanna est mise en valeur, les animaux sont particulièrement réussis. Il ne manque pas une griffe, ni une écaille aux prédateurs. Les spécialistes apprécieront. Avec un découpage sans faille, les personnages sont vus sous toutes les coutures. Si les victimes de Shanna ont la part belle (tripes et boyaux en solde), le vélociraptor de la page 20 est mon préféré.

Frank Cho livre ici une histoire complète issue des pulps. En mélangeant mystère, glamour, action, il permet au lecteur de se procurer un moment fort agréable. Avec Shanna, Frank Cho permet au lecteur de redécouvrir une littérature. Celle où il est question de mondes oubliés et dangereux. Exotique, flamboyant par son action, il ravira les amateurs. Quant à vous mesdames, réjouissez-vous ! Shanna est une belle femme, intelligente et qui ne se laisse pas faire.

SHANNA
AUTEUR : FRANK CHO
COLLECTION : MARVEL GRAPHIC NOVEL
EDITION : PANINI COMICS/MARVEL FRANCE


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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 16:15

homme-truquéJanvier 1919. Marie Curie s'installe à l'institut du radium. Léo Saint-Clair (le Nyctalope) lui propose une association pour que la superscience aide la justice. Première mission : découvrir la vraie nature de l'homme truqué. Quel est ce personnage dont une partie du visage est recouvert d'un casque métallique ?

Pendant plus d'un an, les auteurs de La Brigade Chimérique avaient raconté la fin des supers-héros européens. Une histoire qui prend place dans l'univers de l'hypermonde. Pour le définir, reprenons ce que dit Régis Messac « Ce sont les mondes hors du monde, à côté du monde, au-delà du monde, inventés, devinés ou entrevus par des hommes à la riche imagination, des poètes. Il faut pour les visiter entreprendre les voyages imaginaires, les voyages impossibles. » Les trois auteurs seraient-ils des poètes ? Lisez La Brigade Chimérique pour le savoir, mais pour L'Homme Truqué, Serge Lehman et Gess le sont indubitablement.
En adaptant librement le roman éponyme de Maurice Renard, Serge Lehman revisite non seulement une partie de la littérature populaire, mais rend aussi hommage au genre (comic-book, roman-feuilleton, pulps). A l'opposé de la production actuelle qui propose des récits politiquement corrects, L'Homme Truqué est un récit de science-fiction, où toute vérité n'est pas bonne à dire (la véritable nature de l'homme truqué, la philosophie du Nyctalope). L'auteur introduit une ambiance inquiétante, proche de la réalité (incursion de parutions, de personnages, d'évènements réels) qui interroge le lecteur et s'il est curieux, lui fera chercher des réponses. Les personnages ont des caractères forts. On discutera du Nyctalope, le gentilhomme-justicier, on frissonnera avec Jean Lebris, on acclamera la ténacité de Marie Curie...
Pour illustrer ce récit, Gess est un auteur particulièrement inspiré. L'éditeur le définit comme celui qui met en images. Rien n'est plus exact. Avec son trait qui lui est propre, Gess retranscrit parfaitement personnages, attitudes et décors. Sa maîtrise de la mise en couleur rehausse l'ambiance fantastique du récit. Quant à sa vision de l'homme truqué, elle tout aussi réaliste que monstrueuse. Quand on parle d'image, il peut être question de graphisme, mais aussi de photographie. Dans ce récit qui rend hommage aux romans-feuilletons, Gess illustre à sa façon les deux arts.

Si le lecteur n'est plus surpris de l'habileté des deux auteurs, il retrouve avec joie cet univers proche de notre réalité. Empruntant différents codes, L'Homme Truqué se révèle aussi bien du comic-book que du roman-feuilleton illustré. Si ce livre est le seuil de l'hypermonde, si La Brigade Chimérique en est la fin, on espère avec la même maestria, le coeur du récit.

L'HOMME TRUQUE
AUTEUR : SERGE LEHMANN D'APRES UN ROMAN DE MAURICE RENARD
DESSINATEUR : GESS
COLLECTION : FLAMBANT 9
EDITIONS : L'ATALANTE 

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 12:50

WOLVERINE.jpg

Une version améliorée de cette chronique a été publiée sur le site Auracan.com

 

Logan, pas encore connu sous le pseudonyme de Wolverine, se fait capturer par une organisation. Celle-ci veut en faire un tueur indestructible et guidé par le gouvernement. Injection d'adamantium dans les os, lavage de cerveau, Logan devient une machine à tuer avant de se rebeller.

Pour expliquer l'importance de Wolverine-Arme X, il faut remonter quelques années en arrière. La première apparition de Wolverine est en 1974 où il se bagarre contre deux ennemis de poids : Wendigo et Hulk. On sait qu'il est bagarreur, qu'il encaisse bien, mais c'est tout. Ses griffes ? Les créateurs Len Wein et Herb Trimp faisaient supposer qu'elles sortaient des gants. Rien à voir avec le personnage que nous connaissons actuellement. Un an plus tard, Len Wein et Dave Cockrum relancent la série X-Men avec des nouveaux membres, dont Wolverine. Lors de son recrutement, on apprend qu'il est en maille avec les services secrets canadiens, mais qu'il démissionne pour suivre ses nouveaux partenaires.
Au fil des épisodes, on apprend qu'il a des sens aiguisés, qu'il réagit comme un animal, que ses os sont recouverts d'un métal (l'adamantium), qu'il est polyglotte. Logan n'avouera jamais ce qu'il a, ce sont ses partenaires qui apprennent peu à peu les facultés de ce mutant particulier. Oui, Logan est un mutant. Son principal pouvoir est la régénération. Dans ce cas, quel âge a-t-il ? Beaucoup de pistes semées par les auteurs autour de Wolverine et peu de réponses.

C'est en 1992, que la parution française du Top BD no 26 apportera quelques pièces au puzzle. Réédité depuis par Panini, le voici en version Marvel Gold.

Capturé par les agents du projet Arme X, Logan est plongé dans un liquide et recouvert de tubes sur tout le corps. Ceux-ci vont injecter sur les os, le métal indestructible appelé Adamantium. Après cette douloureuse opération où le sujet restera vivant, sa mémoire sera effacée et d'autres souvenirs seront implantées. Pour l'entraîner en tant que tueur, il sera nu, dans la neige, constamment connecté avec le laboratoire. Casque sur la tête et batteries sur chaque jambe permettant d'avoir une portée de commande maximale. Ses adversaires seront des animaux de plus en plus féroces, avant d'être des hommes.
A la tête du projet, le professeur Cornelius qui veut faire de Logan, un simple pantin. Barry Windsor-Smith écrit un scénario minutieux. Rien n'est laissé au hasard dans cette descente aux enfers. On sent la rage animale de Logan, la folie du professeur. L'auteur dirige le lecteur tout en laissant des zones d'ombres. On permettra ainsi aux futurs auteurs de reprendre une partie du scénario. Si vous pensiez lire un comic-book d'action détrompez-vous ! La grande partie du récit est posée, calme. On regarde la transformation de Wolverine, on apprend de la bouche des praticiens ce qui s'est passé. Ce n'est qu'à la suite d'un énième excercice que l'action (sanglante) se déchaîne.
Côté dessin, en bon sujet de sa majesté, le trait de Barry Windsor-Smith rejoint celui d'Alan Davis ou de Brian Bolland. C'est élégant, naturel et proche de la réalité (pas de muscle hypertrophié). Les choix graphiques permettent d'influencer sur la vision des personnages. Ainsi, on ne verra jamais les yeux du professeur Cornelius, renforçant son aspect inquiétant.

Pièce maîtresse dans la biographie du personnage de Wolverine, Arme X  est un album remarquable par son dessin et son scénario. Nul besoin de connaître Marvel Comics pour lire cet album. Cette première pièce de puzzle sera suivie quelques années plus tard par l'album Origins, qui racontera tout sur le mutant canadien. Quant au nom arme X, sa véritable signification viendra plus tard.

WOLVERINE – ARME X
AUTEUR : BARRY WINDSOR-SMITH
COLLECTION : MARVEL GOLD
EDITION : PANINI

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 09:12

green_lantern1.jpgSinestro est redevenu un Green Lantern, après avoir été un ennemi du corps. Son premier but : reprendre Korugar, la pacifier. Pour cela, il va devoir s'allier avec son ennemi de toujours : Hal Jordan. Celui-ci est sur terre, essayant de vivre normalement, après son renvoi du Green Lantern Corps.

Quoi de plus ennuyeux qu'un personnage comme Green Lantern. Son anneau, dixit Sinestro, est l'arme la plus puissante de l'univers. L'imagination est la seule limite. Grace aux talents conjugués de Geoff Johns et Doug Mahnke, ce titre devient un indispensable. Architecte avec Jim Lee, du rebaunch, Geoff Johns ne laisse pas le personnage d'Hal Jordan derrière lui. Il l'a fait revenir sur le devant de la scène en 2005, il l'accompagnera jusqu'au bout.
Un personnage malmené puisqu'on retrouve "le shérif de l'espace" sans travail, mendiant sa confiance à Carrol Ferris. Celui qui était est super-héros n'est plus rien sans anneau. Pire, par la bouche de Sinestro, l'auteur nous fait comprendre, qu'Hal Jordan n'est qu'un égoïste, il ne se cantonne qu'à sa petite planète, à sa façon de faire la justice. Quant à l'ennemi juré, Sinestro, il devient le véritable héros de ce premier tome. Au fur et à mesure de l'histoire, le lecteur se pose la question : "Et si Sinestro avait raison ? Si nous avions été aveuglés par la vision étriquée des Green Lantern de la Terre ?". Geoff Johns nous sert une histoire où tout est chamboulée. A contrario des autres séries, victimes du rebaunch, Green Lantern n'a pas été remaniée. Les origines, les personnages et le futur de la série sont clairement inscrits dans le défilement de l'histoire. En agissant ainsi, l'auteur permet aux nouveaux lecteurs, comme aux anciens de (re) découvrir Green Lantern.
A ses côtés, Doug Mahnke, dessinateur attitré de Green Lantern depuis 2009. Sous son trait, Hal Jordan devient un humain normal, perdu au milieu de ses semblables. Il devient exalté quand il est porteur de l'anneau, mais son potentiel n'est rien face à la puissance de Sinestro. De magnifiques planches montrent le pouvoir du Lantern et sa volonté de garder sa planète pure. Comme toute médaille à son revers, on ressent toute la colère des habitants de Korugar, ainsi que la tristesse de Sinestro.

Alors que d'autres scénaristes auraient pu décider de garder Hal Jordan en protecteur de la Terre, Geoff Johns montre tous les défauts d'Hal Jordan, le tourne en ridicule et pire, nous fait douter de sa mission. En lisant ce tome, deux citations viennent à la bouche : "Vers l'infini et au-delà", "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités". Un album réussi qui restera dans les annales !

GREEN LANTERN T1
SINESTRO
AUTEUR : GEOFF JOHNS
DESSINATEUR : DOUG MAHNKE
COLLECTION : DC RENAISSANCE
EDITIONS : URBAN COMICS

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 07:41

justice-league.jpgDans plusieurs villes, des anomalies arrivent : créatures extra-terrestres, cubes extra-dimmensionnels. A l'opposé, plusieurs individus dotés de super-pouvoirs font leurs apparitions. La presse et les autorités assimilent les anomalies et les individus. Ceux-ci n'ont d'autres moyens que de s'allier les uns aux autres pour combattre les anomalies.

Dire que la Justice League était attendue est un euphémisme. Jim Lee et Geoff Johns, deux auteurs connus, étaient les architectes de ce "rebaunch". Ils avaient la responsabilité  de la nouvelle ère DC, comment allaient-ils gérer la justice league ?
La première chose à dire sur ce titre, c'est qu'il se passe cinq ans avant tout les autres titres, d'où un décalage qui peut surprendre le lecteur. Geoff Johns écrit une histoire où les futurs super-héros font devoir faire leurs preuves. Ils ne sont pas connus, le public les craint, voire les déclare hors-la-loi. La trame est très classique puisqu'on fait connaissance avec les différents personnages. Après une première confrontation musclée, le groupe comprend que l'alliance fait la force et gagne contre le méchant. Classique, je le répète, mais n'oublions pas qu'il est question des nouvelles origines. En moins de 200 pages, l'histoire doit être racontée, l'intrigue résolue et les personnages intégrés. La force de Geoff Johns c'est de réussir à comprimer tout ça. Son autre talent c'est faire des personnages crédibles qui parlent aux anciens lecteurs comme aux nouveaux. Sans qu'on sente la machine commerciale, chacun va jouer un rôle, tantôt classique (Green Lantern qui fanfaronne), tantôt surprenant (Batman fait de l'humour).
Malgré les années, le poids des responsabilités grandissantes et un timing serré, Jim Lee reste toujours un grand dessinateur. Grand ordonnateur pour cette refonte des héros DC, il a dû penser chaque uniforme. Si tout n'est pas réussi (Aquaman, Cyborg), il a su mêler design classique et nouveauté au sein d'un même personnage. Telle une super-production, ses décors sont dantesques, les scènes d'actions sont claires, les personnages reconnaissables (L'apparition de Darkseid est remarquable). Il est difficile de juger Jim Lee tant son talent est grand.

Pour un premier recueil, mené par deux maîtres, l'arrière goût est amer. La ligne temporelle choisie, les quelques fautes de goûts, la légèreté du scénario ne font pas de Justice League un sommet du genre. Il va falloir attendre le second recueil pour que l'ensemble soit vraiment lancé.

JUSTICE LEAGUE T1
AUX ORIGINES
AUTEUR : GEOFF JOHNS
DESSINATEUR : JIM LEE
COLLECTION : DC RENAISSANCE
EDITIONS : URBAN COMICS

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